Quelle est votre tendance naturelle pour répondre ?

Vous trouverez ci-dessous 10 fragments d'entretien. Chaque fragment correspond, dans les pages qui suivent, à six réponses différentes. Lisez attentivement ce que dit le sujet du premier fragment, en imaginant le personnage et la situation qu'il décrit comme étant la sienne.

Puis, supposons que cette personne soit connue de vous, à un degré suffisant pour qu'elle puisse dire ce qu'elle dit comme elle le dit... et que vous ayez à lui répondre. Lisez alors les six réponses proposées pour le fragment considéré. En vous laissant aller à votre spontanéité (c'est-à-dire sans chercher s'il y a une "bonne" réponse ou non), cliquez sur celle qui se rapproche le plus (ou s'éloigne le moins) de ce que vous auriez eu envie de répondre à cette personne dans ces circonstances.

Faites cela pour les 10 fragments dans leur ordre de succession.

Attention, le bon style de réponse selon Gordon et les théoriciens de la communication est la reformulation du sentiment.

Vous allez décovrir ce style de réponse par essais et erreurs. 

Au terme de l'exercice, vous aurez compris quel est votre style préférenciel et vous vous serez entraînez à produire des réponses de reformulation.

 

FRAGMENTS D'ENTRETIEN

Cas n° 1. Femme de 37 ans (voix lasse).

Je ne sais vraiment pas quoi faire. Ah! je ne sais vraiment pas si je dois reprendre mon poste de standardiste... cela me porte tellement sur les nerfs, je peux à peine 1e supporter... mais j'ai une stabilité et un bon salaire; ou alors lâcher tout et faire ce qui m'intéresse réellement, en tout cas un travail plus varié mais cela aboutirait à débuter en bas de l'échelle avec un salaire très faible... Je ne sais pas si je pourrais le faire ou non...

CAS n°1.

1. Pouvez-vous m'en dire davantage au sujet de ce qui vous intéresse maintenant ? C'est très important que nous y réfléchissions bien.

2. Attention, avant que vous vous lanciez dans quelque chose de nouveau, il faudrait que vous soyez sûre que cela serait vraiment plus avantageux pour vous et que vous n'allez pas quitter la proie pour l'ombre.

3. Eh bien ! voyons, ce n'est pas désespéré, il s'agit de savoir dans quel service vous pourriez être mutée ; je peux vous ménager un entretien avec le chef du personnel.

4. Votre embarras s'explique doublement: d'un côté, vous hésitez à lâcher votre poste actuel, mais surtout vous ne savez pas quel autre emploi est susceptible de vous convenir.

5. C'est vraiment une décision difficile, n'est­ce pas ? Ou bien courir les risques de débuter dans une nouvelle branche, ou bien s'en tenir à la sécurité d'un travail qui vous déplaît.

6. Vous vous faites beaucoup trop de souci. Ce n'est pas en usant ainsi vos nerfs que vous résoudrez vos difficultés. Il ne faut pas vous mettre dans cet état. Tout finira par s'arranger.

Cas n° 2. Homme de 30 ans (voix bizarre, naïve, fruste).

J'ai un sentiment des plus bizarres. Quand quelque chose d'heureux m'arrive, eh bien, je ne peux pas y croire, j'agis comme si ce n'était jamais arrivé, ça me tracasse! Je voulais un rendez-vous avec Laure, j'ai tourné autour d'elle pendant des semaines avant d'avoir assez de courage pour lui demander un rendez-vous... et elle a dit

« oui ». Je ne pouvais pas y croire. Je ne pouvais tellement pas y croire que je ne suis pas allé au rendez-vous.

CAS n° 2.

1. Il faut être de votre âge, mon garçon, et avoir une idée un peu plus réaliste concernant les femmes. Ce sont aussi des êtres humains, vous savez, et elles désirent des rendez-vous autant que vous.

2. Cela vous paraît toujours irréel quand il arrive quelque chose d'heureux.

3. Vous vous êtes sans doute dit avec tant de force que rien de bon ne pouvait arri­ver, que, lorsque cela se produit, il vous semble que ce n'est pas vrai.

4. Je me demande si ce sentiment d'irréalité ne serait pas associé à un moment particulier de votre vie. Voudriez-vous m'en dire davantage à propos de ce que vous vouliez dire par... « Quand quelque chose d'heureux m'arrive

5. Y a-t-il vraiment lieu de vous tracasser à ce sujet ? Nous avons tous eu à triompher de sentiments ou de désirs bizarres. Je crois que vous en viendrez à bout.

6. Je pense que cette expérience vous servira de leçon. La prochaine fois, vous devez faire un effort pour accepter la bonne fortune.

Cas n° 3. Homme de 35 ans (voix forte, scandée, agressive).

Je suis décidé à faire quelque chose, je n'ai pas peur de travailler dur, je n'ai pas peur de recevoir quelques coups durs pourvu que je sache où je vais ! Et il ne me répugne pas de passer sur 1e ventre des autres lorsqu'ils sont sur mon chemin parce que je veux tout pour moi! Je ne peux pas me contenter d'un emploi médiocre! Je veux être quelqu'un !

CAS n° 3.

1. En somme, vous vous conduisez comme un ambitieux parce qu'il faut vous prou­ver à vous-même votre valeur.

2. Vous estimez qu'il faut que vous soyez en avant, quels que soient les efforts et les moyens pour y parvenir.

3. Qu'est-ce qui, à votre avis, vous pousse à cette grande résolution d'arriver à quel­que chose ?

4. Est-ce que cela vous intéresserait de passer quelques tests pour déterminer dans quelle branche vous pouvez réussir le mieux ? Cela pourrait être d'un grand appoint pour vous, bien qu'il soit possible qu'avec votre allant, vous réussissiez dans beaucoup de situations.

5. Une grande ambition peut être un véritable atout pour quelqu'un. Etes-vous certain cependant que vous le pensez vraiment quand vous dites qu'il ne vous répugne pas de passer sur le ventre de ceux qui se trouvent sur votre chemin ? Est-ce que cela ne pourrait pas vous faire plus de tort que de bien ?

6. Vos sentiments sont très forts. Vous devez être sous le coup d'une déception récente. Il faut vous calmer, réfléchir, et vous verrez que vous retrouverez votre sang-froid sans perdre votre enthousiasme.

Cas n° 4. Femme de 30 ans (voix découragée).

I1 y a maintenant dix ans que j'habite cette ville et sept ans que je suis dans le même appartement, mais je ne connais personne. Au bureau, i1 me semble que je ne peux pas me faire des amis, c'est comme si j'étais paralysée. J'essaie d'être gentille avec les autres employés mais au fond je me sens contractée et mal à l'aise, et alors je me dis que je m'en moque. On ne peut pas compter sur les gens. Chacun pour soi. Je ne veux pas d'amis, et quelquefois je finis par en être vraiment convaincue.

CAS n° 4.

1. Vous êtes trop pessimiste. Cela ne va pas durer éternellement. Vous verrez que l'on viendra vers vous par la force des choses.

2. Je connais d'autres personnes dans votre cas ; elles ont. pourtant réussi à se faire des relations agréables en adhérant à une association de "Loisirs de Vacances". L'important est de ne pas se figurer qu'on doit rester seul.

3. Peut-être en m'en disant davantage au sujet de la façon dont vous vous y prenez pour vous faire des amis, pourrions-nous avoir une idée plus nette, de ce qui cloche ?

4. Ça dure depuis si longtemps que vous avez fini par en être presque convaincue. Est-ce cela ce que vous voulez dire ?

5. Peut-être ne voulez-vous pas d'amis, uniquement pour vous protéger de quelque chose d'autre ?

6. C'est une situation assez regrettable de n'avoir pas d'amis, et il faut vraiment s'en occuper. Il y a un certain nombre de choses que vous pourriez faire pour apprendre à vous faire: des amis, et plus tôt vous commencerez, mieux cela sera.

Cas n° 5. Homme démobilisé de 30 ans (fureur et amertume à la fois).

A quoi bon ! Personne ne joue franc-jeu avec moi. Les gars qui sont restés chez eux ont pris tous les avantages, ils ont tous profité de nous pendant que nous nous battions sur le front, je les maudis tous autant qu'ils sont. Ils jouent le double jeu. Quant à ma femme... (silence) « ouais » ... .

CAS n° 5.

1. Vous aviez commencé à dire quelque chose au sujet de votre femme...

2. Vous estimez avoir été exploité et cela vous met en colère ?

3. On a pris le pas sur vous et cela vous révolte parce que plus qu'un autre vous pensez mériter des égards.

4. Je comprends vos sentiments actuels, mais cela va vous empêcher d'aller de l'avant si vous n'essayez pas de vous en débarrasser.

5. Vous n'êtes pas tout seul à être furieux. Il y a bien souvent de quoi. Mais avec le temps, vous oublierez, vous vous remettrez dans le mouvement.

6. Vous allez être entraîné à vouloir vous venger, ce qui complique toujours les choses, ne croyez-vous pas ?

Cas n° 6. Homme de 35 ans (voix claire et décidée).

Je sais que je pourrai réussir dans cette affaire; tout ce qu'il faut, c'est avoir quelques vues d'ensemble, un certain bon sens et le courage d'essayer. J'ai tout cela. Aussi, si je pouvais seulement avoir un coup de main pour l'argent, je n'hésiterais pas à me lancer.

CAS n° 6.

1. Vous souhaitez peut-être l'adresse d'un conseiller financier; dans ce cas là, on a besoin de renseignements avant d'emprunter des fonds.

2. C'est très bien. On doit être sûr de soi si on veut arriver à quelque chose. Commencer avec hésitation peut vraiment tout gâcher; vous êtes sur la bonne voie et je vous souhaite de réussir.

3. Si vous pouviez avoir les fonds pour commencer, vous vous sentiriez sûr d'en tirer parti.

4. Vous vous sentez sûr de pouvoir réussir parce que vous vous rendez compte effectivement de ce qu'il faut pour que l'affaire marche. Quand on voit les choses clairement, l'assurance vient toute seule.

5. Avez-vous déjà étudié quels sont les risques à courir ?

6. Vous vous posez beaucoup de problèmes concernant l'argent, la manière de s'en procurer et l'art de s'en servir.

Cas n° 7. Homme de 46 ans (voix amère et tendue).

Voilà! C'est un nouveau à la Compagnie, mais c'est un malin, il a réponse à tout et il croit qu'il a inventé la poudre. Mais, Bon Dieu ! ... Il ne sait pas à qui il a affaire. Je ferais mieux que lui si je le voulais!

CAS n° 7.

1. Vous estimez que vous devriez être le premier. C'est vraiment important pour vous de rester toujours le meilleur.

2. En prenant dès le début une telle attitude à l'égard de cet homme nouveau dans la compagnie, vous ne vous y prenez pas de la bonne manière.

3. Et cela vous demandera sans doute d'agir avec beaucoup de méthode et de réflexion. Il vous faudra faire très attention.

4. Ce nouveau venu, qui vous paraît si prétentieux, vous donne envie de le dépasser !

5. Voyons! Ce n'est pas être beau joueur! Pourquoi attachez-vous tant d'importance à dépasser cet homme ?

6. Vous êtes-vous renseigné exactement sur les antécédents et sur les fonctions actuel­les de cet homme dans la compagnie ? Que savez-vous à son sujet ?

Cas n° 8. Jeune fille de 28 ans (voix tendue, rageuse, contenue).

Quand je la regarde !... Elle n'est pas aussi attrayante que moi, elle n'est pas aussi intelligente, elle n'a pas de chic et je me demande com­ment elle peut faire illusion à tant de personnes, comment on ne voit pas clair à travers toutes ses manières ? Elle arrive toujours à faire quelque chose, et tout le monde admire la manière dont elle le fait. Je ne peux pas le souffrir! Ça me rend malade! Elle a tout ce qu'elle veut! Elle a eu ma place, elle a eu Gérard, elle l'a littéralement détourné de moi, et ensuite elle a nié. Quand je l'ai mise devant 1e fait, que je lui ai dit ce que je pensais, elle a dit : " Mais je regrette" ! Mais... Eh bien!... je vais lui faire voir.

CAS n° 8.

1. Ressemble-t-elle à quelque autre jeune fille avec laquelle vous vous êtes déjà trouvé en relation ?

2. Vous estimez qu'elle obtient ce que vous­même, en réalité, devriez avoir.

3. On dirait que vous prenez une attitude un peu violente à son égard. Nous avons tous des préjugés contre les gens, mais il est bien rare que nous en tirions quelque chose de bon.

4. C'est un cas typique de jalousie, bien connu, provoqué par la présence d'une personne qui est peut-être un peu plus capable ou plus adroite que vous.

5. Pourquoi n'essayez-vous pas d'observer ce qu'elle fait et de la battre sur son propre terrain ? Si c'est une bluffeuse, vous devriez avoir le dernier mot.

6. A votre âge, on est naturellement très sensible à toutes les déceptions, mais on a l'avantage d'être plus raisonnable et d'avoir plus d'expérience de la vie.

Cas n° 9. (Dialogue entre le médecin du travail et Martin, nouvel employé).

Médecin: Alors, Martin, comment ça marche avec les collègues du bureau ?

Martin: Ah ! qu'ils aillent au diable, pourtant j'ai essayé de faire de mon mieux, mais quand le patron et son adjoint se sont mis en colère contre moi parce que je m'étais trompé dans une facture difficile, ça m'a... je fais de mon mieux... je fais vraiment de mon mieux, mais quand ils vont jusqu'à me dire que ce n'est pas assez... ça me montre de plus en plus clairement que je suis "bon à rien".

CAS n° 9.

1. Voyons, Martin, tâchez de faire le point! Cette histoire est-elle si grave ? Il suffit de ne pas dramatiser 1

2. Autrement dit, dès qu'on vous critique, vous avez tendance à vous montrer coupable

3. Vous aviez fait de votre mieux, mais on a trouvé une erreur, et du coup, vous vous mettez à penser que vous ne valez pas grand chose.

4. Voyons, mon vieux, si vous vous laissez démonter par quelque chose comme ça, c'est alors que vous serez sûrement un bon à rien.

5. Dites-moi, Martin, est-ce seulement à cause de cet ennui personnel que vous en êtes venu à douter de vous-même ?

6. Vous devez prendre en considération désormais tout ce que vous avez réussi et ne plus être obnubilé par vos imperfections. Faites le bilan de vos succès.

Cas n° 10. (Fragment de dialogue entre un étudiant et le directeur des études).

Directeur: Entrez ... . Que puis-je faire pour vous ?

L'étudiant: Monsieur, je voudrais que vous m'aidiez au sujet de mon emploi du temps pour le prochain trimestre d'hiver. J'ai parlé à plusieurs personnes au sujet de ce que je dois choisir, mais elles me disent toutes des choses différentes et c'est si difficile pour moi de savoir quoi faire. Vous pensez !... je suis seulement en première année et je ne sais vraiment pas ce qui vaut mieux ... .

CAS n° 10.

1. Si je vous ai bien compris, vous estimez qu'il s'agit de quelque chose qui a besoin d'une aide extérieure, quelque chose que vous ne pouvez pas décider par vous-même.

2. Voulez-vous parler de la section dans laquelle vous voulez entrer et de ce que vous allez prendre comme matière à option ?

3. Voyons, si vous vous en rapportiez un peu plus à vous-même, quant à ce que vous pouvez faire et ce que vous voulez faire, au lieu de vous en rapporter à ce que disent les autres... peut-être vous en trouveriez-vous un peu mieux.

4. Là, je me demande si la solution à vos difficultés ne consisterait pas plutôt à développer votre confiance en vous-même qu'à opérer un choix entre les cours.

5. Certainement, nous allons y réfléchir. Il est parfois un peu dur de trouver sa place dans la structure du collège.

6. Avez-vous déjà fait le bilan des matières à apprendre et celui des heures de travail dont vous disposerez ?

Retour